La respiration, comme la nature, suit un rythme quaternaire qui reflète les grandes lois cycliques de l’existence. Explorons ces correspondances profondes.
Les Quatre Phases et leurs Correspondances
L’INSPIRATION – Printemps – Lune Croissante
- Mouvement : Expansion, ascension, yang montant
- Énergie : Renouveau, éveil, dynamisme naissant
- État de conscience : Ouverture réceptive, accueil du nouveau, stimulation mentale. C’est l’éveil de la présence, pendant que l’on connaît une expansion vers l’extérieur.
La RÉTENTION POUMONS PLEINS – Été – Pleine Lune
- Mouvement : Plénitude, culmination, apogée
- Énergie : Maximum de lumière, de chaleur, de vie manifestée
- État de conscience : Présence totale, conscience élargie, moment de contemplation active. C’est l’instant d’intégration maximale, où tout est disponible, suspendu dans la clarté.
L’EXPIRATION – Automne – Lune Décroissante
- Mouvement : Descente, intériorisation,
- Énergie : Retour vers la terre, lâcher-prise, offrande
- État de conscience : Abandon, détachement, libération. La conscience se dépose, s’apaise, se détend. C’est le mouvement du don, de l’acceptation.
La RÉTENTION POUMONS VIDES – Hiver – Nouvelle Lune
- Mouvement : Vacuité, repos profond, potentialité pure
- Énergie : Silence, germination invisible, mystère
- État de conscience : Conscience-témoin pure, vide fertile, unité avec le Tout. C’est le point zéro où la distinction observateur/observé se dissout. L’espace de la présence sans objet.
Les États de Conscience Révélés
De ces cycles émergent quatre qualités fondamentales de présence :
- La Présence Réceptive (inspiration) : ouvrir sa conscience à ce qui est
- La Présence Intégrative (rétention pleine) : unifier, synthétiser l’expérience
- La Présence Libératrice (expiration) : laisser partir, offrir
- La Présence Essentielle (rétention vide) : reposer dans l’être pur
La pratique consciente de ces quatre temps nous enseigne la loi de l’impermanence, le rythme de l’alternance, et la sagesse du non-attachement. Chaque phase est nécessaire ; aucune ne peut être prolongée indéfiniment sans déséquilibre.
Le souffle devient ainsi un mandala vivant, un enseignement permanent sur la nature cyclique de toute existence, et un chemin d’accès direct aux différentes couches de notre conscience.
I. Les États de Conscience : Approfondissement
1. LA PRÉSENCE RÉCEPTIVE (Inspiration – Printemps – Lune Croissante)
Nature de l’état :
C’est l’éveil de la conscience sensorielle, l’ouverture au monde. Wilhelm Reich parlerait ici de la levée des cuirasses caractérielles qui bloquent la respiration naturelle. Alexander Lowen, son disciple fondateur de la bioénergie, observe que « la respiration est l’essence de la vie et l’inspiration représente notre capacité à prendre de la vie ». L’inspiration insuffisante traduit une peur inconsciente de recevoir, de prendre sa place.
Enseignements traditionnels
- Patanjali (Yoga Sutras) : Prana vayu, le souffle qui gouverne l’absorption, correspond à cette phase. C’est le mouvement de pratyahara (retrait des sens vers l’intérieur) qui commence.
- Karlfried Graf Dürckheim : « Inspirer, c’est s’ouvrir à l’Être qui nous fonde ». Pour lui, la qualité de l’inspiration révèle notre capacité à accueillir la vie transcendante.
- Taoïsme : On parle de faire descendre le Qi céleste (tian qi), l’énergie cosmique yang.
Nota : diverses pratiques de l’attention existent, aussi bien en yoga qu’en Qi-Gong, qui proposent de descendre l’attention vers l’intérieur et vers le bas pendant l’inspiration, et d’autres à l’inverse suggèrent de monter la conscience vers la tête. Tout dépend de l’objectif visé par le pranayama.
Exemples vécus
- Le bâillement spontané, signe que le corps réclame plus d’oxygène et d’ouverture
- Le soupir de soulagement qui suit une bonne nouvelle
- L’inspiration profonde avant de plonger dans l’eau ou de prendre la parole
Exercices d’application pratique
Pranayama : Puraka (inspiration complète)
- Assis en posture méditative, inspire lentement sur 6 temps
- Visualise l’énergie dorée entrant par les narines, descendant jusqu’au hara (trois doigts sous le nombril)
- Sens l’expansion en trois temps : ventre, côtes, clavicules
- Maintiens la douceur, sans forcer
Qi Gong : « Ouvrir les Portes du Ciel »
- Debout, pieds parallèles largeur des hanches
- Inspire en levant les bras sur les côtés jusqu’au-dessus de la tête
- Visualise le Qi qui entre par les paumes (laogong) et le sommet du crâne (baihui)
- Sens l’expansion de l’aura
2. LA PRÉSENCE INTÉGRATIVE (Rétention poumons pleins – Été – Pleine Lune)
Nature de l’état :
C’est l’instant d’intégration maximale où l’énergie se distribue dans tout l’organisme. Carl Rogers parlerait ici du moment de congruence parfaite, où l’organisme est pleinement cohérent avec lui-même.
Enseignements traditionnels
- Swami Sivananda : « Dans kumbhaka (rétention), le prana et l’apana se rencontrent au niveau du nombril, éveillant le feu digestif et spirituel »
- B.K.S. Iyengar : « La rétention est le moment où le mental peut vraiment observer, car le souffle-pensée est suspendu »
- Dürckheim : « Dans la suspension du souffle, l’homme fait l’expérience de l’éternité dans le temps »
- Taoïsme : Phase d’alchimie intérieure où le jing (essence) se transforme en qi (énergie), puis en shen (esprit)
Exemples vécus
- Le silence intérieur qui suit une révélation soudaine
- L’instant de suspension au sommet d’une montagne
- Le moment de plénitude après l’orgasme ou un éclat de rire
- La pause avant de prendre une décision importante
Exercices pratiques
Pranayama : Antar Kumbhaka (rétention interne)
- Inspire sur 4 temps
- Retiens sur 16 temps (ratio 1:4:2:0 classique)
- Applique Jalandhara Bandha (verrou du menton vers le sternum)
- Visualise la lumière qui se diffuse du plexus solaire vers toutes les cellules
- L’énergie « cuit » dans le manipura chakra
Technique taoïste : « Retourner la Lumière »
- Dans la rétention poumons pleins, porte ton attention au dan tien inférieur
- Visualise une sphère de lumière dorée qui pulse
- Pratique nei guan (vision intérieure) : observe le Qi circuler
- Compte mentalement ou récite un mantra (Om, par exemple)
Méditation de Dürckheim : « L’Instant Éternel »
- Dans la rétention, abandonne toute volonté
- Laisse-toi être « respiré » plutôt que respirer
- Sens la présence de l’Êtreté qui te soutient
3. LA PRÉSENCE LIBÉRATRICE (Expiration – Automne – Lune Décroissante)
Nature de l’état :
C’est le lâcher-prise fondamental, la capacité à mourir à chaque instant pour renaître. Alexander Lowen affirme : « L’incapacité à expirer complètement est l’incapacité à se laisser aller, à abandonner le contrôle ».
Enseignements traditionnels
- Patanjali : Apana vayu, le souffle descendant qui gouverne l’élimination et l’ancrage
- Carl Rogers : L’expiration correspond à l’expression authentique du soi, la communication de l’expérience intérieure vers l’extérieur. Dans sa thérapie centrée sur la personne, le thérapeute expire pleinement son empathie vers le client.
- Thich Nhat Hanh : « Expire et souris. Tu es arrivé. Tu es chez toi. Dans l’ici et maintenant »
- Taoïsme : On « descend le feu », on ramène le yang vers le yin des reins et de la terre
Exemples vécus
- Le soupir de relâchement après une tension
- Les pleurs libérateurs qui « vident » l’émotion
- Le rire qui « fait sortir » la joie
- L’expiration profonde avant de s’endormir
Exercices pratiques
Pranayama : Rechaka (expiration complète)
- Expire lentement sur 8 temps (plus long que l’inspiration)
- Vide complètement en rentrant légèrement le ventre à la fin
- Visualise les toxines, tensions, pensées parasites qui sortent en fumée grise
- Sens le relâchement progressif des tensions musculaires
Pranayama : Nadi Shodhana (respiration alternée)
- Bouche le narine droite, inspire par la gauche (4 temps)
- Retiens (16 temps)
- Bouche la gauche, expire par la droite (8 temps)
- Inverse le cycle
- Équilibre ida (lunaire, féminin) et pingala (solaire, masculin)
Qi Gong : « Pousser la Montagne »
- Expire en poussant les paumes ouvertes devant toi, doigts verticaux
- Visualise l’énergie usée qui sort par les paumes et retourne à la terre par la plante des pieds (points yong quan)
- Sens l’ancrage qui s’approfondit à chaque expiration
- Les pieds s’enracinent comme un arbre
Bioénergie de Lowen : Expiration avec son
- Debout, genoux légèrement fléchis
- Expire en émettant un « Ahhh » profond
- Laisse vibrer le diaphragme et le plancher pelvien
- Libère les tensions du plexus solaire
4. LA PRÉSENCE ESSENTIELLE (Rétention poumons vides – Hiver – Nouvelle Lune)
Nature de l’état :
C’est l’état le plus mystérieux et le plus profond : la conscience sans objet, le vide fertile. Dürckheim le nomme « la grande vacuité lumineuse » ou Das Nichts (le Néant) qui n’est pas absence mais plénitude originelle.
Enseignements traditionnels
- Patanjali : C’est proche de samadhi, l’union, où il n’y a plus de distinction sujet-objet
- Ramana Maharshi : « Dans l’intervalle entre deux respirations réside le Soi »
- Vijñana Bhairava Tantra (texte shivaïte) : « Au terme de l’expiration, quand le souffle se résorbe, ou au terme de l’inspiration, quand le souffle afflue, réalise l’état de vacuité » (verset 24)
- Taoïsme : Wu wei (non-agir), retour au wu ji (vide primordial), l’état avant la manifestation du tai ji (principe suprême)
- Dürckheim : « Dans le vide du souffle, l’ego meurt et l’Être apparaît »
Exemples vécus
- Le silence intérieur après une grande peur
- L’état de « blanc mental » dans l’effort physique extrême
- La suspension du temps dans la contemplation
- Le moment de vide avant l’inspiration créatrice
Exercices pratiques
Pranayama : Bahir Kumbhaka (rétention externe)
- Expire complètement
- Retiens poumons vides sur 8 temps (ou plus, progressivement)
- Applique Uddiyana Bandha (aspiration abdominale vers la colonne sans inspirer d’air dans les poumons)
- Visualise le vide lumineux, l’espace infini
- Observer : qui observe le vide ?
Méditation Vipassana : « Le Témoin »
- Dans la rétention poumons vides, observe le silence
- Pas de pensée, pas d’émotion, pas de sensation
- Juste la présence pure qui observe
- C’est l’état de sakshi (témoin) en yoga
Technique taoïste : « Retour à la Source »
- Expire complètement
- Dans la suspension, porte ton attention au hui yin (périnée)
- Visualise la dissolution dans le wu ji, l’océan primordial
- C’est le « retour au Un » avant la différenciation
Méditation du Vijñana Bhairava
- Assis, observe naturellement ta respiration
- Concentre-toi sur le moment de transition entre expiration et inspiration
- Dans cet intervalle, il n’y a ni inspir ni expir : c’est le vide
- « Madhye » (au milieu) réside la vérité
II. Circulations Énergétiques : Bas-Haut vs Haut-Bas
Les Deux Directions et leur Signification
POURQUOI RESPIRER DE BAS EN HAUT (le long de la colonne) ?
1. Cycle de l’Eau – Voie du Yin (Taoïsme)
- Trajet : Du hui yin (périnée) remonte par le du mai (vaisseau gouverneur/postérieur) jusqu’au bai hui (sommet du crâne)
- Nature : Refroidissante, apaisante, structure
- Symbolique : L’eau monte par capillarité dans l’arbre (de la terre vers le ciel)
- Inspiration : On fait monter l’énergie tellurique, le yin de la terre
- Effets : Ancrage, stabilité, construction du jing (essence vitale)
- Quand : Le matin, en cas d’excitation mentale, pour s’ancrer
En Yoga : Montée de Kundalini
- L’énergie lovée au muladhara chakra (base) s’éveille et monte par sushumna nadi (canal central)
- Traverse les 7 chakras jusqu’à sahasrara (couronne)
- C’est le chemin de l’évolution spirituelle, de la matière vers l’esprit
- Swami Satyananda : « Kundalini est l’ascension de la conscience depuis le sommeil jusqu’à l’éveil suprême »
2. Cycle du Feu – Voie du Yang (Taoïsme)
- Trajet : Du bai hui (sommet) descend par le ren mai (vaisseau conception/antérieur) jusqu’au dan tien inférieur
- Nature : Réchauffante, dynamique, transformatrice
- Symbolique : Le feu (soleil) rayonne vers le bas, la lumière descend pour illuminer
- Expiration : On fait descendre l’énergie céleste, le yang du ciel
- Effets : Vitalité, transformation, affinement du shen (esprit)
- Quand : Le soir, pour calmer le mental, ramener l’énergie au centre
En Yoga : Descente de la Grâce
- Certaines traditions parlent de la descente du nectar (amrita) depuis bindu visarga (arrière du crâne)
- C’est aussi l’intégration : après la montée, l’énergie redescend pour nourrir tous les centres
- Le yogi ne cherche plus à « monter » mais à « ramener » la conscience dans le corps
L’Orbite Microcosmique (Xiao Zhou Tian)
Cycle complet
- Inspiration : Le Qi monte du hui yin (périnée) par le du mai (dos) jusqu’au bai hui (sommet)
- Passe par : ming men (porte de la vie/lombes), Jia ji entre les omoplates, yu zen (nuque)
- Rétention poumons pleins : L’énergie « cuit » au sommet, dans la chambre de cristal
- Expiration : Le Qi descend du bai hui par le ren mai (face avant) jusqu’au dan tien
- Passe par : le palais céleste (bouche), gorge, cœur, plexus solaire, nombril
- Rétention poumons vides : L’énergie repose et se densifie dans le dan tien inférieur
Pourquoi cette circulation ?
- Anatomique : Correspond au système nerveux autonome (sympathique/parasympathique)
- Énergétique : Équilibre le yin (face avant, organes internes) et le yang (dos, colonne)
- Alchimique : Permet la transformation progressive jing → qi → shen
Inversion des Cycles selon les Besoins
Montée (Eau) – Inspiration dorsale
- Pour : Fatigue, dépression, manque d’ancrage, dispersion mentale
- Principe : Construire la structure, solidifier les fondations
- Exemple : Le matin au réveil, après une maladie
Descente (Feu) – Expiration frontale
- Pour : Hypertension, insomnie, pensées excessives, énergie bloquée en haut
- Principe : Apaiser, refroidir, ramener au centre
- Exemple : Le soir avant de dormir, après une journée stressante
Lowen et la direction énergétique
Alexander Lowen observe que les personnalités schizoïdes ont l’énergie bloquée en haut (tête déconnectée du corps) : il faut faire descendre par des exercices d’ancrage (grounding). À l’inverse, les personnalités masochistes ont l’énergie comprimée en bas : il faut libérer vers le haut par l’expression.

III. Pranayamas Classiques et Leurs États de Conscience
1. Nadi Shodhana (Respiration Alternée)
- État : Équilibre, clarté mentale, harmonisation cerveau gauche/droit
- Ratio : 1:4:2 (inspire:retiens:expire) ou 1:1:1 pour débutants
- Effet : Apaise le système nerveux, purifie les nadis
2. Ujjayi (Respiration Victorieuse)
- État : Concentration, chaleur interne, présence témoin
- Technique : Légère contraction de la glotte, son de l’océan
- Effet : Masse le cœur, active manipura chakra
3. Bhastrika (Souffle du Forgeron)
- État : Éveil énergétique puissant, clarté mentale extrême
- Technique : Respirations rapides et forcées
- Effet : Oxygène le sang, éveille kundalini, dynamise
4. Kapalabhati (Crâne Brillant)
- État : Purification, clarté mentale, légèreté
- Technique : Expirations abdominales actives, inspirations passives
- Effet : Nettoie les poumons, stimule le cerveau
5. Brahmari (Bourdonnement de l’Abeille)
- État : Intériorisation profonde, pratyahara
- Technique : Expirer en produisant un son « mmm »
- Effet : Apaise le mental, masse le cerveau par vibration
6. Sitali/Sitkari (Respiration Rafraîchissante)
- État : Rafraîchissement, apaisement de pitta
- Technique : Inspirer par la langue roulée ou dents serrées
- Effet : Refroidit le corps, calme la colère
IV. Respirations Taoïstes Spécifiques
1. Respiration Embryonnaire (Tai Xi)
- État : Retour au Un, conscience fœtale
- Technique : Respiration si subtile qu’elle semble inexistante
- But : Imiter le fœtus qui « respire » par le cordon (échange énergétique pur)
- Effet : Longévité, union avec le Tao
2. Respiration de la Tortue (Gui Xi)
- État : Longévité, conservation de l’énergie
- Technique : Respirations très lentes (2-3 par minute)
- Symbolique : La tortue vit longtemps car elle respire lentement
- Effet : Ralentit le métabolisme, préserve le jing
3. Respiration du Dan Tien (Dan Tian Hu Xi)
- État : Ancrage, puissance intérieure
- Technique : Expansion/contraction du ventre comme un ballon
- Visualisation : Sphère dorée qui pulse trois doigts sous le nombril
- Effet : Renforce le qi originel, stabilise les émotions
4. Respiration des Six Sons Thérapeutiques (Liu Zi Jue)
- État : Purification des organes, équilibre émotionnel
- Technique : Sons spécifiques pour chaque organe
- Foie : « Xu » (colère)
- Cœur : « Ke » (joie excessive)
- Rate : « Hu » (rumination)
- Poumons : « Si » (tristesse)
- Reins : « Chui » (peur)
- Triple Réchauffeur : « Xi » (harmonisation globale)
V. Synthèse Pratique : Séquence Quotidienne
Matin (Éveil – Cycle de l’Eau – Yang croissant)
- Kapalabhati (50 expirations) : Éveil
- Bhastrika (3 cycles de 10) : Dynamisation
- Orbite microcosmique ascendante : Construction du jour
- Ujjayi avec visualisation montante : Clarté
Midi (Apogée – Intégration)
- Nadi Shodhana (5 minutes) : Équilibre
- Rétention poumons pleins : Intégration de l’expérience
- Dan Tien Hu Xi : Recentrage
Soir (Retour – Cycle du Feu – Yin croissant)
- Respiration alternée lente : Apaisement
- Orbite microcosmique descendante : Ramener l’énergie au centre
- Brahmari : Intériorisation
- Respiration embryonnaire : Dissolution
Avant le sommeil (Vide)
- Expiration longue (1:2, inspire 4/expire 8)
- Rétention poumons vides douce
- Lâcher-prise total dans le ventre
Conclusion de Dürckheim : « Le souffle est le pont entre le corps et l’esprit, entre le temporel et l’éternel. Qui respire consciemment pratique déjà la voie spirituelle, car il consent à mourir et renaître à chaque instant. »
La respiration devient ainsi un yoga complet, un laboratoire de transformation accessible à chaque instant, où se révèlent tous les mystères de la conscience humaine.
Nota : Les effets naturels du bâillement et du soupir
Le bâillement
Mécanisme physiologique
Le bâillement est un réflexe coordonné impliquant plusieurs structures cérébrales (hypothalamus, tronc cérébral) qui déclenche :
- Une inspiration profonde et prolongée (3-4 secondes)
- Une ouverture maximale de la bouche et du pharynx
- Un étirement des muscles faciaux, de la mâchoire et parfois du corps entier
- Une expiration passive
Fonctions principales
Bien que le bâillement reste partiellement mystérieux, plusieurs hypothèses sont documentées :
Régulation thermique du cerveau : le bâillement augmenterait le flux sanguin cérébral et refroidirait le cerveau par l’entrée d’air frais. Des études montrent qu’on bâille plus quand la température ambiante est modérée.
Régulation de l’éveil : il survient lors de transitions (éveil/sommeil) et pourrait réactiver l’attention en stimulant le système nerveux.
Oxygénation : bien que débattue, l’hypothèse d’une compensation en oxygène ou d’une élimination de CO₂ persiste.
Effets observables
- Augmentation temporaire de la fréquence cardiaque
- Stimulation de la production de larmes
- Étirement musculaire généralisé
- Sensation de détente et de relâchement
- Effet contagieux (activation des neurones miroirs)
Le soupir
Mécanisme physiologique
Le soupir est une inspiration deux fois plus profonde qu’une respiration normale, suivie d’une expiration prolongée. Il implique :
- L’activation du complexe pré-Bötzinger dans le tronc cérébral
- La coordination de deux circuits neuronaux distincts
- Un recrutement accru des alvéoles pulmonaires
Fonctions principales
Réinitialisation respiratoire : nous soupirons environ 12 fois par heure pour rouvrir les alvéoles pulmonaires qui ont tendance à se collaber lors de respirations superficielles. C’est une fonction homéostatique essentielle.
Régulation émotionnelle : le soupir est fortement lié aux états émotionnels (soulagement, frustration, tristesse) et semble jouer un rôle dans la régulation du stress.
Effets observables
- Réouverture des alvéoles pulmonaires (maintien de l’efficacité des échanges gazeux)
- Activation du système nerveux parasympathique
- Diminution de la tension musculaire
- Sensation de relâchement émotionnel
- Réduction du rythme cardiaque après le soupir
Points communs
Ces deux phénomènes partagent plusieurs caractéristiques :
- Ils sont involontaires mais peuvent être déclenchés volontairement
- Ils participent à l’homéostasie corporelle
- Ils ont une dimension sociale et communicative
- Ils induisent un état de relâchement
- Ils surviennent plus fréquemment en période de transition ou de stress
Ces mécanismes automatiques révèlent l’intelligence du corps dans sa capacité d’autorégulation, un principe que vous explorez probablement dans vos pratiques de Qi-Gong et de yoga où la respiration consciente amplifie ces processus naturels.



