La fête d’Ostara, connue aussi sous le nom d’Alban Eilir dans la tradition celtique, marque l’équinoxe de printemps autour du 21 mars. C’est un moment de parfait équilibre entre le jour et la nuit, symbolisant la résurrection de la vieet la fin de la période sombre de l’hiver et du jeûne du Carnaval. Cette fête honore Ostara, la déesse printanière souvent représentée comme une jeune fille amante ou la Dame de l’Aube, incarnant la vitalité et le renouveau.
Le Réveil de la Nature et la Fertilité Divine
À Ostara, la Déesse enveloppe la terre de sa fertilité, tandis que le Dieu gagne en maturité, reflétant la puissance croissante du soleil. C’est le moment où la nature se réveille de son sommeil hivernal. Les Grecs célébraient à cette période le retour de Perséphone des Enfers, fille de Déméter, marquant la renaissance de la végétation.
L’œuf est un symbole central d’Ostara. Il est le réceptacle de toutes les potentialités de la Vie, un emblème de l’auto-génération. Avec son jaune (soleil) et son blanc (lune), l’œuf peint en rouge symbolise l’équilibre parfait entre le Dieu et la Déesse, le masculin et le féminin, et l’harmonie des forces créatrices.
L’Homme Vert, les Trèfles et les Nouveaux Commencements
La fête d’Ostara est également l’occasion de célébrer le Dieu sous la forme de l’Homme Vert ou Végétal, une figure de la fertilité et de la croissance naturelle. On honore sa force vitale en rendant hommage aux arbres et en sonnant les cloches pour réveiller la nature de sa léthargie.
Les Celtes, en particulier les Gaulois, avaient pour coutume de se rendre dans les prés pour chercher de beaux trèfles. Cette plante revêtait une haute valeur symbolique, représentant le triskell – symbole des trois âges de la Déesse (jeune fille, mère, vieille femme) et des trois mondes (physique, mental, spirituel).
En Bretagne, et plus largement dans les cultures celtes, le trèfle est bien plus qu’une simple plante : c’est un symbole puissant directement lié au Triskell, figure emblématique de la cosmologie celte. Loin d’être une simple décoration, le Triskell incarne des concepts fondamentaux sur la vie, le temps et l’univers.
Le Trèfle et le Triskell : Un Lien Spirituel
La coutume gauloise de se rendre dans les prés à la recherche de beaux trèfles n’était pas un simple jeu. Elle était empreinte de signification spirituelle. Le trèfle à trois feuilles, naturellement abondant, était perçu comme une représentation miniature du Triskell, dont les trois branches spirales symbolisent la continuité et l’interconnexion de plusieurs triades sacrées.
Nota : le trèfle à 4 feuilles, renverrait à non pas trois spirales mais 4 ! Ce qui n’est pas sans rappeler le symbolisme de la Rose+numérique, éminemment porteuse de chance 🙂 puisque c’est l’Arcane de la Vie !

La Triade de la Déesse : Les Trois Âges de la Vie
L’une des interprétations les plus significatives associées au Triskell, et par extension au trèfle, est celle des trois âges de la Déesse (ou de la Triple Déesse) :
- La Jeune Fille (la Vierge) : Elle représente la pureté, la nouveauté, le début d’un cycle, l’innocence et le potentiel. C’est l’énergie du printemps, de l’aube et de la naissance.
- La Mère : Elle incarne la fertilité, l’abondance, la création, la maturité et la générosité. C’est l’énergie de l’été, du plein jour et de la vie nourricière.
- La Vieille Femme (la Sage ou l’Ancienne) : Elle symbolise la sagesse, la connaissance accumulée, la fin des cycles, la mort nécessaire pour le renouveau et la transformation. C’est l’énergie de l’hiver, du crépuscule et du passage vers d’autres mondes.
Ces trois aspects ne sont pas vus comme des étapes linéaires mais comme des phases cycliques et interdépendantesde l’existence, un mouvement perpétuel de naissance, vie et mort, menant à la renaissance.
Les Trois Mondes : Une Vision Cosmique
Au-delà de la Déesse, le Triskell symbolise également les trois mondes qui composent l’univers celte :
- Le Monde Physique (ou des Vivants) : C’est le monde matériel, celui que nous habitons, fait de chair, de terre et de sensations. Il représente la réalité palpable.
- Le Monde Mental (ou des Esprits) : Ce domaine est celui de l’intellect, de la pensée, de l’imagination, des émotions et de l’âme. C’est le royaume de l’invisible qui influence notre perception du monde physique.
- Le Monde Spirituel (ou des Dieux/Ancêtres) : Il s’agit du royaume sacré, le monde d’où proviennent la sagesse et l’inspiration, où résident les divinités et les esprits des ancêtres. C’est le lieu de la connaissance profonde et des mystères.
Ces trois mondes ne sont pas séparés, mais interconnectés et en constante interaction, chaque spirale du Triskell pouvant représenter l’un de ces mondes et leur point de jonction l’harmonie et l’équilibre entre eux.
C’est une période propice pour les nouveaux commencements : on sème des graines, on plante, on célèbre l’apprentissage et la découverte. Le rituel d’Ostara inclut souvent la plantation d’une graine, geste symbolique de nos aspirations pour le cycle à venir. Une promenade pieds nus dans la rosée du matin était également pratiquée pour se connecter à l’énergie fraîche et purifiante de la Terre.
Purification, Bénédiction et Réalisation Matérielle
Ostara est aussi un moment de purification. Des incantations de bannissement sont prononcées pour chasser les mauvaises influences, les vieilles habitudes et tout ce qui entrave la croissance personnelle. Un nouveau cycle démarre, fortement orienté vers la réalisation matérielle. Les forces cosmiques sont considérées comme travaillant sur les plans concrets, favorisant l’abondance et la concrétisation des projets.
Conformément aux coutumes celtes, des feux sont allumés à l’aube pour symboliser le renouveau de la vie et la protection des futures récoltes. Cette fête incarne la Béatitude de la Paix, cette sérénité qui découle de l’équilibre retrouvé et de la promesse d’une vie florissante.
Les oeufs de pâques
Le lien entre les œufs de Pâques et la fête celte d’Ostara réside dans leurs symboliques communes de fertilité, de renouveau et de renaissance, toutes deux ancrées dans les célébrations païennes du printemps.
Voici les points clés de cette connexion :
- Ostara, Déesse du Printemps et de la Fertilité : Ostara (ou Éostre, dans les traditions anglo-saxonnes) est une déesse germanique et païenne associée à l’aube, au printemps et à la fertilité. Sa fête, célébrée à l’équinoxe de printemps (autour du 20-21 mars), marque le retour de la lumière, la fin de l’hiver et le réveil de la nature.
- L’Œuf, Symbole Universel de Vie : Bien avant le christianisme, l’œuf était un symbole puissant de vie, de renaissance et de création dans de nombreuses cultures. Sa forme close recèle un potentiel de vie, et sa coquille brisée représente la naissance et le nouveau départ. On retrouve des œufs décorés datant de l’Antiquité, bien avant l’ère chrétienne.
- Les Traditions Païennes et l’Œuf : Dans les célébrations d’Ostara, il était courant d’offrir et de décorer des œufs. Ces œufs peints étaient des offrandes faites à la déesse pour assurer la venue du printemps et la fertilité des terres et des animaux. Le lièvre ou le lapin, autre symbole de fertilité et de rapidité de reproduction, était également associé à Ostara et à la distribution des œufs.
- L’Absorption par le Christianisme : Lorsque le christianisme s’est répandu, il a souvent intégré et christianisé des fêtes et des symboles païens existants pour faciliter la conversion des populations. La fête de Pâques, célébrant la résurrection du Christ (symbole de vie nouvelle et de victoire sur la mort), a été placée à une période proche de l’équinoxe de printemps et des célébrations d’Ostara. La symbolique de l’œuf, si forte et universellement comprise comme un signe de vie et de renaissance, a été naturellement assimilée par la fête chrétienne.
- Le Carême et la Surproduction d’Œufs : Une explication complémentaire, bien que secondaire par rapport aux origines païennes, est liée au Carême chrétien. Pendant cette période de jeûne de 40 jours, la consommation d’œufs était interdite. Les poules continuant de pondre, il y avait une surproduction d’œufs au moment de Pâques, ce qui a pu renforcer la tradition de les partager et de les décorer.
En résumé, les œufs de Pâques, dans leur symbolique de renouveau et de fertilité, trouvent leurs racines profondes dans les fêtes païennes du printemps comme Ostara, où ils étaient déjà un élément central des rituels célébrant le retour de la vie après l’hiver. Le christianisme a ensuite intégré cette symbolique préexistante pour l’associer à la résurrection du Christ, donnant naissance à la tradition des œufs de Pâques telle que nous la connaissons aujourd’hui.



