Cette exclamation familière mérite qu’on s’y arrête. Elle constitue une appréciation de l’ego sur quelque chose de plus vaste que soi, que l’on nomme globalement « la vie ». Mais que désignons-nous exactement par ce mot aux multiples facettes ?

Au-delà du vivant apparent

Parlons-nous du vivant au sens biologique ? Des choses que nous voyons, de l’environnement dans lequel nous évoluons ? Notre corps y figure certainement, avec ses pulsions, ses plaisirs et ses douleurs. Nos processus de pensée et d’émotion aussi, ainsi que tout ce que nous constatons en nous et hors de nous. Pourtant, la vie dépasse largement ce qui est « en vie », excluant artificiellement ce qui est mort ou pas encore né.

La vie comme être et conscience

La vie, dans son sens le plus profond, c’est plutôt l’être, le fait d’être. C’est « l’Êtreté » comme on dit parfois en philosophie, et c’est la conscience elle-même si on pousse à la spiritualité. Car notre expérience ordinaire de la vie n’est pas plus belle que laide en soi. Affirmer qu’elle l’est relève de la poésie ou d’une idéologie dite positive, un placage mental sur ce qui demeure fondamentalement inexprimable en tant que Tout indissociable.

Le cri du cœur spontané

Sauf… sauf si cette exclamation jaillit comme un cri du cœur spontané. « Merci à la vie ! », « La vie : je t’aime », « j’aime : j’aime tout, j’aime tout court, je suis Amour ! »

Dans ce cas, elle ne plaque pas un qualificatif mental sur l’inexprimable. Elle se place du point de vue de l’unité pour dire simplement « je suis » et « j’aime ça ». Elle goûte à la saveur de l’être à travers cette existence relative, bornée par la naissance et la mort, ponctuée d’accidents et de contraintes diverses, limitée de toutes parts et dans toutes les dimensions. Malgré ou plutôt grâce à cette relativité, je goûte à l’absolu à ma mesure. Grâce à la Dualité, je vibre à l’Unité…

L’absolu dans le relatif

Non, nous ne sommes pas absolus en tant qu’individus séparés. Mais nous le sommes en tant que participants au Tout. Ce Tout englobe la dualité et l’unité elle-même, la création et son créateur, avec toutes les étapes intermédiaires entre l’origine et sa concrétisation ici et maintenant, dans notre expérience présente.

Dire « la vie est belle » devient alors bien plus qu’une formule positive. C’est reconnaître notre participation à cette conscience infinie qui se manifeste à travers nous, dans toutes ses dimensions, y compris ses aspects difficiles et contraignants. C’est célébrer le mystère d’être, simplement.

Les deux entendements du « beau »

Beau et laid sont des qualificatifs de la dualité, au même titre que + et -, blanc et noir, bien et mal.

Selon le symbole traditionnel du Portique, deux colonnes soutiennent un Fronton qui les coiffe et les dépasse. Il y a un « plus » absolu au-dessus du « plus-moins » de la dualité.

Nota : Ce symbole maçonnique, comme tous les symboles, appartient à tous. Il fait partie de l’héritage de l’humanité toute entière. Personnellement, je n’appartiens à aucune obédience, ni aucune chapelle. Mais je m’accorde le droit de me laisser inspirer par le génie de chaque école de pensée.

Ainsi, « la vie est belle » peut avoir deux entendements, ou deux niveaux superposés (comme souvent en Hermétisme) :

De la réflexion à la pratique

Cette compréhension ne reste pas théorique. Elle s’incarne dans des pratiques ancestrales comme le yoga et le qi gong, qui sont bien plus que de simples exercices physiques. Ces disciplines constituent une philosophie pratique, une sagesse qui s’exerce à travers le corps et le souffle. Elles nous apprennent à cultiver l’écoute sans commentaires intérieurs, cette présence pure qui précède le jugement de l’ego.

Dans la posture tenue, dans l’attention portée au flux du Qi, nous expérimentons directement ce passage du bavardage incessant des colonnes au Silence du Fronton. Nous quittons progressivement le mental qui qualifie, compare et juge, pour accéder à cette conscience témoin qui perçoit sans séparer. C’est là, dans le silence de la pratique, que « la vie est belle » cesse d’être une affirmation pour devenir une évidence vécue, une résonance de l’être avec lui-même. On passe ainsi d’un concept à discuter à une réalité à vivre.

Tous nos articles

Paul

Nos dernières actualités

Ressentir l’énergie dans les mains en …

Paulcalendar21 Jan 2026

Ressentir l’invisible : L’éveil du Qi Le Qi Gong est souvent décrit comme une « gymnastique de santé », mais pour celui qui pratique, c’est bien plus qu’une simple suite de mouvements lents. C’est une exploration intime ...

lire la suite

QiGong pour débutants : 8 mouvements qui …

Paulcalendar20 Jan 2026

Série traditionnelle de Qigong pour la santé et la vitalité Découvrez les Huit Pièces de Brocart, l’une des pratiques de qi gong les plus accessible et efficace pour harmoniser corps et esprit Un trésor millénaire ...

lire la suite

Taraka Pranayama

Paulcalendar19 Jan 2026

Le Taraka Pranayama est une pratique respiratoire yogique qui intègre la dimension visuelle et énergétique. Son nom vient du sanskrit « taraka » qui signifie « étoile » ou « ce qui fait traverser », évoquant à la fois la lumière intérieure et ...

lire la suite